Vers un étiquetage européen "éthique " ?

Le 11 novembre 2015, l'Union Européenne a approuvé la mise en œuvre de l'étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes dans les Territoires occupés. Débattue depuis 2012, cette décision qui s'impose aux 28 États membres vise à informer et protéger les consommateurs européens de l'origine des produits qu'ils consomment, conformément à la législation commerciale de l'UE, selon la Commission. Elle porte désormais l'obligation à l'industrie alimentaire et à la distribution de mentionner spécifiquement sur les étiquettes que les marchandises viennent des colonies, qui pour l'UE comme pour la communauté internationale ne font pas partie du territoire d'Israël.

Cette décision a provoqué la colère du gouvernement israélien qui considère cette « mesure discriminatoire » prise pour des « raisons politiques », rappelant qu'alors qu'il y a des centaines de conflits territoriaux à travers le monde, l'UE a décidé de s'en prendre seulement à Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a même évoqué le spectre du nazisme et de l'antisémitisme et a déclaré que l'Europe devrait avoir honte d'ainsi réveiller de sombres souvenirs.

Nous laisserons à chacun le soin d'estimer si les commissaires européens se rallient au courant d'antisémitisme ambiant pour flatter et s'attirer les sympathies du monde musulman et parmi celui-ci celles de ses éléments les plus radicaux ou, si au contraire, ils font soudainement preuve d'un sursaut de moralité enfin retrouvée. Laissons-leur le bénéfice du doute : ce seraient l'éthique et la morale qui auraient dicté leur décision. Après tout, ils n'ont pas encore décidé que ce serait une étoile jaune à six branches qui identifierait les marchandises produites dans les colonies israéliennes.

Mais tant qu'à faire, pourquoi ne pas poursuivre dans la voie de la vertu ? Nos chers commissaires européens pourraient aussi décider d'étiqueter les produits originaires des pays gouvernés par des dictateurs ou par des régimes totalitaires. Ces produits, pour les reconnaître, pourraient être agrémentés de la photo et du nom du satrape de leur pays d'origine ou encore d'une vue d'un mirador ou d'un camp de concentration.

Il conviendrait aussi d'étiqueter les produits venant de contrées où les Droits de l'homme ne sont pas respectés et où la peine de mort est encore appliquée. L'étiquette pourrait alors s'orner de la représentation d'une chaise électrique ou d'un gros plan d'une lapidation ou d'une décapitation.

Il ne faudrait pas non plus oublier la production des pays où l'esclavage et le travail des enfants sont encore monnaie courante. L'étiquette pourrait ici montrer en parallèle la photo d'une usine effondrée de laquelle on retire les cadavres des ouvriers avec celle d'une scandaleuse réception dans la villa opulente d'un commanditaire milliardaire (sans bien entendu oublier le sigle de la marque).

Pas question non plus de ne pas étiqueter les fruits et les légumes produits dans des champs gorgés d'engrais chimiques et de pesticides et ensuite baignés dans de non moins dangereux agents conservateurs. L'étiquette dans ce cas devrait reprendre tous les noms des industries et des laboratoires assassins ainsi que la photo d'un cancer particulièrement violent comme cela se fait déjà pour les paquets de cigarettes.

Enfin, si la Commission veut faire respecter la législation commerciale de l'UE, elle pourrait d'abord imposer sur tout le territoire européen ses propres règles et décisions et pénaliser les pays qui ne les respectent pas. Alors que l'organisme représentant tous les vétérinaires d'Europe a dénoncé les dangers que représente l'abattage rituel, non seulement celui-ci est encore autorisé voir subventionné dans plusieurs pays, mais en plus, pour des raisons purement économiques, de plus en plus d'abattoirs ayant bénéficié d'une dérogation ne pratiquent plus que l'abattage rituel celui-ci étant moins coûteux que l'abattage classique et légal. C'est ainsi que de la viande estampillée « halal » se retrouve dans de nombreuses chaînes de distribution, dans des restaurants, des commerces, etc. Bien évidemment les consommateurs n'en sont pas avertis. Les commissaires européens feraient donc bien de commencer par balayer devant leur porte et exiger que ces produits nocifs soient clairement identifiés. Comme une partie de l'argent récolté pour la certification halal participe au financement du djihad, nous proposons que cette étiquette représente un mouton égorgé et une kalashnikov.

Vous l'aurez compris, de nombreux produits pourraient afficher la collection complète de toutes ces étiquettes. C'est pourquoi il serait plus judicieux qu'à chaque fruit et à chaque légume soit jointe une notice explicative, à l'instar de ce qui se fait pour les médicaments, dans laquelle nous pourrions retrouver les indications d'utilisation : la quantité journalière admise en fonction de l'âge et du poids du consommateur, les contre-indications, les risques d'infection, voire mortels, etc. Mais ne rêvons pas, les lobbies de l'industrie alimentaire et de la distribution sont tellement puissants (et généreux ?) que jamais nos commissaires européens ne s'aviseront de les attaquer. Alors, deux poids deux mesures ?

Mais rien ne vous oblige de penser comme nous.