Sur les rayons des libraires - L'islam au feu rouge - Camille Desmoulins - Le poing sur la table - éditions du Cerf

L'auteur
 
Camille Desmoulins est un pseudonyme, l'auteur souhaitant rester anonyme. Pour des raisons de sécurité ?

L'essai

Il coûte cinq euros, se lit en une heure et révèle ce que trop souvent taisent les médias au service de la classe politique. S'il s'intéresse uniquement à l'islam de France, de nombreuses similitudes existent cependant avec l'islam de Belgique.

Alors que la course planétaire entre la barbarie et les Lumières bat son plein, l'islam de France stationne au feu rouge. La faute à l'irresponsabilité des responsables du culte musulman. La faute à la paresse bienveillante des pouvoirs publics.

Quelques extraits choisis

« La civilisation, le mot n'est pas de trop, se trouve à un carrefour, comme jamais. La course est inexorable entre l'avènement accéléré d'une barbarie généralisée et l'espoir d'un monde où les Lumières retrouveraient l'élan nécessaire pour faire reculer la peur. »

« Prouver qu'il est possible de faire exister les diversités qui composent la France dans le cadre de règles acceptées est, plus encore qu'une nécessité sociale, un impératif politique. Le principe en est qu'aucun groupe, quel qu'il soit et religieux en premier lieu, ne refuse ces règles au point de ne plus accepter que son point de vue ne soit pas pris en compte en totalité. Autrement dit, qu'il cesse de consentir à ce que sa vision du monde ne s'impose pas absolument à tous. Ou encore en un mot, que ce groupe en vienne à ne plus admettre la confrontation démocratique et qu'il veuille sortir de sa situation forcément relative et relationnelle, considérée comme illégitime, par la violence. Le ressort idéologique profond du basculement terroriste de jeunes musulmans, c'est cela. »

« On ne peut exonérer l'attitude de dénégation de ceux qui se sont présentés comme des responsables musulmans et qui ont excipé de ces arguments pour s'excuser de ne pas prendre à bras-le-corps ce programme. Le rendez-vous a été raté. La paresse l'a emporté. Aujourd'hui, c'est collectivement que nous payons très cher le fait qu'aucune voix musulmane dotée de l'autorité nécessaire n'ait tenté, selon la formule de Fethi Benslama, de « soigner les maladies de l'islam ». »

« Ces nouveaux prêcheurs investissent les difficultés quotidiennes des immigrés ou de leurs descendants pour leur faire accroire que la question de la discrimination est d'abord une affaire de religion. Leur objectif est de réislamiser la jeunesse en usant pour le levier le soupçon dans lequel la tiendrait l'État, les puissants, les « blancs », d'être croyante, c'est-à-dire musulmane et dévote... pour enfin être reconnu et obtenir satisfaction, il importe seulement, mais absolument, de troquer son identité contre l'islamité. Autrement dit, de renoncer à son individualité laïque au profit de la communauté religieuse. »

« Militer ouvertement pour l'impératif de la « lutte des races » afin de clarifier les « situations de domination » armer la « jeunesse des banlieues » pour la préparer au « combat », dénoncer les couples mixtes comme des « pactes de soumission » à la culture de l'autre, voire à la « race » de l'autre, et préconiser le port du voile comme « élément essentiel de la visibilité dans l'espace public », où la conversion comme une revanche est un moyen d'endiguer la « blanchité » : ces slogans sont devenus, en quelques années, les mots d'ordre, puis des objets médiatiques. »

« L'islam turc est devenu le premier propriétaire foncier musulman en France... Mais il est vrai que l'État hier kémaliste, aujourd'hui islamique ne ménage pas ses financements dispensés à travers toute l'Europe. »

« Il suffit pourtant de se rendre dans la plupart des grandes mosquées à la fin de la prière du vendredi et d'y voir le ballet des collecteurs de dons armés de terminaux de carte bleue pour comprendre que la générosité des fidèles est au rendez-vous. L'argent ne manque pas. Celui des fidèles comme celui de certains États, ou de riches donateurs. »

« Conflits d'intérêts autour de ce qui rapporte, labels halal ou pèlerinages organisés, conflits entre nationalités, origines nationales et différences culturelles, conflits entre écoles doctrinales et courants doctrinaires, tout fut fait pour que rien n'avance. Une bureaucratie venait de naître, soucieuse de se servir plutôt que de servir. »

« C'est que la pratique la plus prisée est celle des imams importés et rémunérés par les pays dits d'« origine », Maroc, Algérie, Turquie. On en dénombre plusieurs centaines qui ont été ainsi réquisitionnés pour subvenir à un système dont le résultat patent et qu'il déresponsabilise les associations gestionnaires des lieux de culte. Car si l' imam est payé par d'autres, à quoi bon s'interroger sur la prise en charge de son salaire par les fidèles ? Et si les fidèles laissent faire, à quoi bon questionner leur manque d'autonomie ? »

« Quant aux rentes du halal ou du pèlerinage, il est inutile même de les évoquer. Les intérêts financiers sont tels que la simple suggestion d'utiliser une partie des bénéfices afférents pour financer l'organisation du culte ne manque pas de provoquer des réactions d'une rare violence. »

«L'échec essentiel du CFCM aura été son incapacité à produire une parole crédible, à instituer un discours religieux et civique convaincant, à s'ériger en autorité symbolique et morale. »

« Mais non, rien. Aucun mot qui puisse à la fois servir de rempart et désigner une issue. Qui puisse montrer que l'islam peut emprunter un autre chemin. Qui puisse encourager les musulmans d'ici à contrecarrer les islamistes de là-bas qui dénient l'autre, la différence, la liberté, qui procèdent à des conversions forcées, qui font disparaître les femmes de l'espace public, qui veulent punir les homosexuels du fait d'exister, qui entendent annihiler toute croyance qui n'est pas la leur. Et qui, en l'absence de toute opposition intérieure décidée, front à front, finissent par inspirer des comportements similaires dans nos banlieues de l'islam. »

« Pour tenter de faire oublier leur faillite qui vient de loin, les responsables musulmans n'ont plus d'autre recours qu'une lancinante complainte : « Nous sommes les premières victimes de cet état de fait et l'on ne traite pas notre souffrance à l'égard de la souffrance des juifs. » (L'auteur démontre la compétition victimaire à laquelle se livrent les musulmans)

« C'est une évidence qu'il faut lutter contre la terreur. C'est une évidence qu'il faut mettre hors d'état de nuire ceux qui voudraient poursuivre ici les combats menés là-bas. C'est une évidence qu'il faut punir ceux qui ont commis des exactions qui pour certaines s'apparentent à des crimes contre l'humanité. Mais le champ d'intervention majeure demeure la bataille des idées autour et au sein de l'islam. Là, les soldats aptes à monter au front sont rarissimes. »

« Résumons. Jusque-là, il a été considéré que les musulmans s'intégreraient à la laïcité si l'on résolvait le problème politique de leur représentation et que le reste finirait par suivre. Or, tel n'a pas été le cas. Le règlement des questions matérielles, et partant civiles, n'a pas entraîné l'apparition d'une identité religieuse musulmane particulière à l'Europe, c'est-à-dire se départageant de l'identité religieuse musulmane propre aux pays musulmans. »

«... Il est un souci plus essentiel encore : établir clairement quelle vision ont, entretiennent et diffusent les responsables musulmans de notre commune humanité, de quelle manière ils enseignent que la famille humaine dépasse les bornes de l'Oumma, la communauté des croyants au sein de laquelle l'entraide, la compassion et la solidarité font loi. »

"Au plus près, le défi fondamentaliste tient en effet dans le piège que le salafisme tend aux musulmans de France en instillant que l'on pourrait diviser l'humanité en deux, entre croyants et incroyants, selon une ligne de partage revenant à déshumaniser ces derniers. »