Sur les rayons des libraires - Bas les Voiles - Chahdortt Djavann - Pamphlet - Gallimard

L'auteure

Les informations biographiques de l'auteure figurent dans la présentation de son dernier roman "Les putes voilées n'iront jamais au paradis" publié chez Grasset, ayant fait l'objet d'un précédent article de "questionsdecitoyens".

Le pamphlet

Un pamphlet contre le voile islamique.
Le texte est écrit par une musulmane iranienne universitaire et anthropologue : elle a subi le voile de 13 à 23 ans et après son expérience, il est difficile de croire que le port du voile serait une décision LIBRE.

Quelques extraits choisis

De 13 à 23 ans, j’ai été réprimée, emprisonnée sous le noir d’un voile. Pourquoi voile-t-on les filles ? Pourquoi voile-t-on leur corps et leur chevelure ?
Au départ, elles n’ont pas choisi d’être voilées : on les a voilées. Pourquoi ne voile-t-on pas les garçons ? Leur corps, leur chevelure ne peuvent-ils pas susciter le désir des filles ? 
Mais, dans l’ Islam, les filles ne sont pas faites pour avoir du désir mais seulement pour être l’objet du désir des hommes. Une fille est donc une menace permanente pour les dogmes et la morale islamique. 
Ainsi, la séparation des hommes et des femmes dans les mosquées révèle ce qu’est le port du voile qui est loin d’être un simple signe religieux : la femme doit se tenir à l’abri du regard des hommes. En Iran, tout est séparé pour les hommes et pour les femmes, cantines, bibliothèques, piscines…et comme la mer ne se prête pas à ce genre de partage : interdiction est faite des bains de mer aux femmes.

Une fille n’est rien ;  le garçon est tout. Une fille n’a aucun droit ; le garçon a tous les droits. Le voile est donc l’expression de la construction dans l’Islam des identités  féminine et masculine. La femme non voilée peut ébranler l’édifice de l’identité masculine, atteindre l’honneur sexuel de l’homme musulman car la construction de l’identité masculine chez le musulman est tributaire de la pudeur de la femme. Ce n’est pas la relation sexuelle qui est tabou, c’est l’autre sexe, le CORPS FEMININ. Le voile condamne le corps féminin à l’enfermement car ce corps est l’objet sur lequel l’honneur de l’homme musulman s’inscrit et il doit, à ce titre, être protégé. Le voile ne traduit-il pas avant tout l’aliénation psychique de l’homme musulman qui construit son être et son identité dans la crainte permanente de la transgression féminine, d’un dépassement inquiétant : une mèche de cheveux ou un bout de peau qui se laisse voir ?

Dès leur plus tendre enfance, les fillettes intériorisent l’idée que leur existence est une menace pour le garçon et pour l’homme, qu’à la vue d’une parcelle de leur chair ou de leur chevelure, ces derniers peuvent perdre tout contrôle d’eux-mêmes. Le voile rappelle donc un des interdits les plus éminents de l’islam : le corps féminin. Les filles sont donc réprimandées si malgré leur voile et leur corps dissimulé, elles ont attiré des regards illicites.
La dévalorisation juridique et sociale de la femme dans l’islam, sa mise sous tutelle masculine va de pair avec son statut d’objet sexuel et ce statut lui-même a sa source dans le Coran. Dans les pays musulmans, la femme selon les lois islamiques a besoin pour quitter le pays de l’autorisation de celui sous la tutelle de qui elle est placée, son mari ou à défaut son père, son frère, son oncle. La charia va plus loin encore : une femme n’a pas le droit de sortir du domicile conjugal sans l’autorisation de son mari. La femme n’est jamais considérée comme une personne à part entière.

Imposer le voile à une mineure, c’est au sens strict, abuser d’elle, disposer de son corps, la définir comme objet sexuel destiné aux hommes. La loi française protège à juste titre les mineures contre tout abus de ce genre. Ce n’est pas au nom de la LAICITE qu’il faut interdire le port du voile islamique aux mineures, c’est au nom de la protection des enfants mineurs.

Rares sont les intellectuels musulmans à s’indigner devant l’absence  du droit des femmes et des enfants. On ne les entend pas protester contre les parents qui obligent leurs filles à porter le voile, ni contre les mariages forcés imposés à des adolescentes en France.  
L’Islam n’a jamais été un agent de l’émancipation des femmes.  Aujourd’hui encore, des gardiens de l’Islam arrêtent et emprisonnent des femmes parce qu’elles ont laissé s’échapper de leur voile quelques mèches subversives. Les intellectuels musulmans ( comme Tariq RAMADAN ) préfèrent prendre le contre-pied des clichés habituels, être des intermédiaires, des  « musulmans modérés » qui dissipent les malentendus. Ils  contribuent ainsi à la création d’un climat étrange où la liberté devient la liberté de s’aliéner, l’identité devient identité religieuse que l’on l’appelle « culture » pour la mettre à la mode. Sous couvert de parler le langage de la modération et de l’équilibre  «  Laissez s’exprimer les différences. », ils essaient de donner des couleurs désirables, naturelles et modernes aux formes antiques de l’aliénation et de l’exclusion. Tout le monde est d’accord : on ne peut pas interdire à une musulmane d’affirmer son choix religieux en portant un foulard islamique. Et, sans se rendre compte que leur engagement sera un soutien des dictatures islamiques, certains  intellectuels français se disent EUX AUSSI convaincus que les écoles laïques devraient tolérer les mineures voilées en leur sein. Apparemment, rien ne gêne l’intellectuel français défenseur des droits de l’homme dans le fait qu’un signe d’appartenance religieuse est aussi un signe de discrimination sexuelle. Pense-t-il réellement que porter le voile est un choix REEL de la jeune musulmane comme on le répète à la télévision !!!!  Allons-nous bientôt nous prononcer sur l’âge de la majorité religieuse des filles ? Allons-nous bientôt décider de l’âge auquel elles pourront « choisir » de se voiler ? Treize ans ? Neuf ans ? Et pourquoi pas sept ans comme c’est le cas en Iran où les filles sont voilées dès l’école primaire !!!!! 

« Le voile parce que je le vaux bien. » tel est en substance le message publicitaire que veulent faire passer une majorité d’intellectuels musulmans.

Il faut rappeler que, en France, dans l’immense majorité des écoles et des classes, la question du voile ne se pose pas et que la majorité des immigrés d’origine musulmane se disent religieusement indifférents. La revendication du voile est-elle pour autant un phénomène dont on peut penser qu’il disparaîtra de lui-même avec le temps ?
Les intellectuels qui s’opposent à l’exclusion des jeunes filles voilées de l’école publique en arguant que cette exclusion  aggravera leur situation alors qu’à l’école, elles apprendraient à se LIBERER  se trompent de cible.
Autoriser le voile à l’école replacerait les adolescentes vivant dans les cités et les banlieues sous le joug des dogmes islamiques. Déjà certaines d’entre elles ont été violentées et traitées de putes pour avoir refusé de porter le voile. A n’en point douter, Il faut un langage de fermeté pour s’opposer à un courant de pensée islamiste et anti-laïque : il faut que le marquage « culturel » et discriminant du corps des filles mineures – EXCISION et PORT DU VOILE – soit purement et simplement I N T E R D I T.  Les enfants doivent aussi être protégés  EN DEHORS de l’école.

Et pour conclure, l’auteure lance un appel  à tous les français et immigrés originaires des pays musulmans qui, agnostiques, athées ou croyants, ne se sentent concernés ni de près ni de loin par des débats - que l’on voudraient ARCHAIQUES -  sur la place des femmes dans la société,  qui ne se reconnaissent pas non plus dans les références à une identité partagée dont le voile serait l’un des signe,  et  qui  ne veulent pas se montrer solidaires de contraintes barbares par lesquelles on impose au corps et à l’esprit des filles mineures une marque indélébile et un traumatisme profond qui s’apparente à de la maltraitance.
Il faut rompre le silence  et ne pas sombrer dans un relativisme démissionnaire.
Cet appel s’adresse enfin et surtout aux femmes, à toutes les femmes, musulmanes ou non, mères ou non : le temps de l’aliénation et de l’humiliation est révolu. Il incombe aux femmes originaires des pays musulmans d’affirmer qu’elles sont des individus de PLEIN DROIT et ne plus supporter qu’en France, des fillettes soient élevées à l’ombre du voile, dans un esprit de passivité et d’infériorité et que la religion soit l’alibi d’une discrimination SEXISTE. Nos filles mineures ne peuvent être utilisées à leur corps défendant pour servir d’emblèmes aux propagandistes de « l’identité par le voile ».

Quelques commentaires et réflexions

Allons-nous enfin nous réveiller ?
Le livre date de 2003 …. il est toujours d’une brûlante actualité. 
REVEILLONS-NOUS !!!!!!!!!!!!    

Mais rien ne vous oblige de penser comme nous.

Sources

Grasset. "Les putes voilées n'iront jamais au paradis" - roman - Chahdortt Djavann.
Gallimard. "Bas les voiles" -pamphlet- Chahdortt Djavan