Sur les rayons des libraires - Allah est grand, la République aussi - Lydia Guirous - JC Lattès

L'auteur

Lydia Guirous est née le 28 décembre 1984 à Tizi Hibel, un village des montagnes kabyles, en Algérie. Aujourd'hui âgée de 29 ans, elle est diplômée de l'université Paris–Dauphine et de l'ESCP. Cette féministe engagée est la fondatrice de l'association Future au Féminin et a créé la cellule SOS Harcèlement sexuel (APHP). Ancienne militante au Parti radical membre de l'UDI, elle a été nommée en janvier 2015 « Secrétaire nationale en charge des valeurs de la République et de la laïcité » à l'UMP après sa rencontre avec Nicolas Sarkozy. En juin 2015, le parti Les Républicains, successeur de l'UMP, l'a désignée comme porte-parole.

Le récit  
Enfant de l'immigration, Lydia Guirous n'a pas eu de difficultés à s'intégrer. La France, elle l'aime. Trop peut-être ? Au point de déranger ceux qui voudraient qu'elle la rejette ?
À mi-chemin entre le manifeste et le témoignage, elle pointe la dangereuse dérive d'une France qui a honte de ses valeurs, de son histoire et qui abdique face à la montée du communautarisme et de l'islam radical.
Dans cet essai courageux, au travers d'anecdotes acérées, elle dénonce les atteintes portées aux droits des femmes, la radicalisation d'une partie de la jeunesse des quartiers populaires, le piège de la double culture et de la « diversité », le jeu trouble des politiques et leurs difficultés à faire respecter ce principe qui protège tous les enfants de la République : la laïcité.

Quelques extraits choisis

« Du voile de Creil au djihad en Syrie, nous avons perdu une bataille, oublier de descendre à la station République. »

« La « double culture » a des effets catastrophiques sur les jeunes. Elle crée une forme d'instabilité identitaire. Elle les place dans une quête permanente du passé alors qu'il faut se mobiliser pour se créer un avenir dans un pays à la situation économique désastreuse et dont le taux de chômage pour les jeunes ne cesse de grimper. Elle rend plus difficile l'intégration, car la peur de rompre avec une partie de soi rend sensible aux discours des extrémistes religieux et autres radicaux politiques. »

« Pourtant, dans ces sociétés où l'on n'évoque jamais le sexe et l'intimité, une seule chose obsède les mères : l'entrejambe de leurs filles. Alors très tôt, elles s'évertuent à faire comprendre avec des discours alambiqués et des histoires terrifiantes qu'il ne faut jamais ouvrir les cuisses au risque de devenir une impure et de jeter le déshonneur sur la famille. Porter l'honneur de sa famille entre ses cuisses... quelle lourde responsabilité pour de si jeunes filles. Ll'honneur tient donc à une microscopique petite peau ? Si peu de chose. »

« Le harcèlement de rue décrit par la journaliste belge Sofie Peeters est une réalité quotidienne dans les quartiers communautaristes. Une partie des hommes de ces communautés considèrent qu'ils peuvent se permettre n'importe quels propos à caractère sexiste et dégradant... En cas de refus, ils insultent et humilient publiquement la jeune fille qui accélère le pas et baisse la tête, en se disant que ce n'est qu'un mauvais moment à passer et qu'il ne faut pas réagir afin d'éviter de se faire agresser. »

« Discrètement et méticuleusement, les islamistes ont prêché dans les mosquées, ils ont écoulé dans toute l'Algérie leurs manuels (comme il les écoule aujourd'hui en France dans les mosquées, les centres culturels, les marchés des quartiers populaires et les librairies islamiques). »

« Les musulmans modérés, par leur silence, se rendent complices de ces dérives, et participent malgré eux à l'amalgame qui est le pire des préjudices pour les centaines de milliers de musulmans sereins, républicains et laïcs ; l'amalgame entre l'islam respectable et l'islamisme qui instrumentalise la religion. Cet amalgame qui produit de la discrimination, de la défiance, du racisme. »

« Le voile, la burqa, ce n'est pas un choix, c'est un moyen d'avoir la paix. Le chantage est simple et insidieux : « Tu portes le voile où on te pourrit la vie. »... Les tenants de ce discours relativiste ignorent la vie de ces femmes et leur réalité sociale... il ne faut pas céder face aux obscurantistes qui sévissent dans les banlieues. Il faut respecter ces femmes et rester ferme sur nos principes. Nous devons leur donner les moyens de s'épanouir et pour cela un dispositif législatif doit être mis en place pour définir clairement le principe de laïcité et réaffirmer notre modèle républicain. Pourquoi ne pas créer un Ministère de la laïcité ? Ce serait un signal fort envoyé aux communautaristes. »

« C'est un vieux rêve hégémonique de création d'une ligue musulmane, allant du Maghreb à l'Iran, élaboré par la très puissante association des Frères musulmans et les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar) enrichis par la manne financière du pétrole. Ils rêvent de retrouver une zone d'influence et de diffuser leur modèle de société, la burqa faisant parti des symboles phares de cette reconquête culturelle et géographique. »

« Je me souviens d'avoir osé parler dans une tribune de la montée du communautarisme, de mon refus du voile dans la sphère publique et de ce que celui-ci impliquait sur la condition de la femme. J'ai été immédiatement qualifiée d'islamophobe et traînée dans la boue du racisme... ce qui est amusant compte tenu de mes origines. Ensuite, ceux qui avaient compris mes origines m'ont gratifiée des -maintenant systématiques- «colla-beur", « vendue », « traîtresse ». L'« islamophobie » : quel meilleur argument pour couper court au débat et discréditer publiquement une personne ? »

« Dans certains quartiers, la police ne peut plus pénétrer, les policiers craignant d'être pris pour cible par des voyous lourdement équipés et surarmés. La police craint aussi le phénomène d'attroupement. Il suffit de quelques secondes pour voir des dizaines et des dizaines d'autres jeunes venir renverser le rapport de forces et montrer que ce sont eux les maîtres des lieux. »

« Il y a un mot tabou, « liberté », surtout quand il s'agit des femmes. Une femme qui veut être libre, ça veut dire qu'elle souhaite vivre une vie sans morale, sans principe, sans respect d'elle-même. J'ai souvent entendu quand j'étais jeune que la liberté était dangereuse pour les femmes et que cela les rendait folles ! »