Pour un réseau unique d’enseignement

« Joëlle Milquet a promis le dépôt, dès le mois prochain, d'un avant-projet visant à rendre facultatif dès la rentrée prochaine la participation au cours de morale laïque ou de religions dans l'enseignement officiel. Il appartiendra dans un premier temps aux écoles d'occuper ses élèves dispensés. » (Le Vif–L'Express du 19 mars 2015)

La ministre de l'Éducation de la Fédération Wallonie–Bruxelles, Joëlle Milquet, tente ainsi de répondre à l'arrêt rendu par la Cour constitutionnelle visant à rendre facultative, dès septembre, la participation aux cours de morale laïque ou de religions dans l'enseignement officiel. En effet, dès septembre, les parents qui le désirent pourront demander que leurs enfants soient dispensés des cours de religions ou de morale laïque, obligatoires jusqu'à présent.

A l'heure actuelle, on ignore tout des activités qui seront proposées à ces élèves dispensés. Créer éventuellement un nouveau cours ? La ministre a écarté la chose vu les contraintes budgétaires qui pèsent sur la Fédération : « Pour créer juste une heure de cours en plus, c'est 76 millions d'euros par an ! Et je ne les ai pas ! » 
Certains députés s'inquiètent aussi des pertes d'emplois que pourraient générer ces nouvelles dispositions.

En 10 ans, le cours de morale a chuté de 1,5 % tandis que le cours de religion islamique a progressé de 1,9 % avec 23.415 enfants qui le suivent (cette hausse est très marquée dans les athénées : 9.034 inscrits en 2005 pour 12.127 en 2014). (La Libre Belgique). 
L’enquête menée ce mois-ci en vue de questionner les parents sur leurs intentions en septembre ne mettra en évidence que leur choix philosophique et religieux. Les résultats seraient probablement fort différents si la question était posée aux adolescents !

Aujourd'hui, les élèves du primaire et du secondaire (avec la nuance pour les seconds que sont les cours à options : langues, options…etc.) suivent un parcours commun toute la semaine sauf pendant les deux heures au cours desquelles sont dispensés les cours de religions et de morale laïque.
Pendant ces deux heures, la classe se divise : certains rejoignent le cours de religion catholique, certains le cours de religion islamique, d'autres le cours de religion protestante, d'autres encore le cours de religion israélite, le cours de religion orthodoxe ou le cours de morale laïque.
Chacun dans son groupe se verra enseigner une « vérité ? » censée  le guider dans la vie et dicter ses comportements dans la société. 
Il sera soit « l'élu » qui aura emprunté le bon chemin et à qui la vie éternelle est promise soit, à minima, celui à la moralité irréprochable qui devra servir d'exemple à tous les autres. 
Parfois, on lui enseignera le prosélytisme, un sentiment de supériorité ou, le rejet de l'autre, voire sa condamnation.
Les cours de religion et de morale laïque divisent et creusent un fossé entre les élèves. 
Ils exacerbent les différences et ne favorisent aucunement le vivre ensemble à l’âge adulte. L'actualité récente en est la preuve la plus manifeste.
À la sortie des cours de religions et de morale laïque, les élèves ne sont plus unis mais divisés : chacun se sentant supérieur à l'autre.
La confrontation des idées et des points de vue a été annihilée, l'échange et la confrontation constructifs n'existent plus.
A contrario, des cours communs d'histoire des religions et de citoyenneté  permettraient aux élèves de se forger une opinion personnelle en toute connaissance de cause,  de bénéficier de confrontations d'idées très enrichissantes.
Des rencontres régulières avec des représentants des différentes religions et courants philosophiques dont la mission serait de mettre en évidence ce qui rapproche et non pas ce qui divise favoriseraient 
une  meilleure compréhension de l'autre, au lieu de son rejet.
Cela ne pourrait qu'assurer une meilleure cohésion du groupe et un bagage intellectuel plus approprié pour progresser vers la vie adulte avec la nécessaire ouverture d'esprit qui permet le vivre ensemble.

Ce choix ne grèverait en rien le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles puisque deux heures de cours seraient remplacées par deux heures de cours.  
Par contre, sur le plan de la compréhension mutuelle et du mieux vivre ensemble le gain serait énorme.

Il est essentiel de promouvoir une école où on ne distingue pas les élèves en fonction de leur origine ou de leur religion. La proposition du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de passer à une heure de citoyenneté et une heure de religion ne doit être qu’une étape en vue de supprimer, tant dans le primaire que dans le secondaire, et dans tous les réseaux d'enseignement confondus, les cours de religions et de morale laïque et de les remplacer par un cours d'histoire des religions et un cours de citoyenneté et de civisme. 
Les inspecteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles vérifieraient le respect du programme de ces cours qui seraient obligatoires et seraient l’objet d’un examen au même titre que tous les autres cours.
Pour une citoyenneté responsable, accessible au plus grand nombre, la première richesse d’un citoyen est d’avoir la maîtrise de soi et de la connaissance.
Les réseaux d’enseignement actuels sont contre-performants.
Le budget de l’enseignement couvre 75 % du budget de la FWB et les « rankings » sont catastrophiques !
La religion ne doit faire partie que du domaine privé. 
L'école n'est pas le lieu où l'on enseigne la superstition et le dogmatisme.
Rêvons d’un réseau d’enseignement unique car le système actuel est absurde, extrêmement coûteux et il crée une compétition inutile.
Un jour, il faudra prendre cette question à bras-le-corps, pour le bien des élèves, des enseignants et de la trésorerie de la FWB.

Une révision de la constitution est nécessaire pour supprimer les cours de religion et de morale. 
Quel parti osera proposer ce point dans son  prochain programme électoral ?