A notre insu, nous finançons l'obscurantisme !

Combien y a-t-il de réseaux d'enseignement Belgique ? 
À cette question, la majorité des personnes interrogées vous répondront : deux, l'enseignement officiel et l'enseignement libre. Mais combien savent que dans chacun de ces réseaux se multiplient des expériences passionnantes, à l'échelle d'une classe, d'un établissement, ou même d'une ville. Les parents sont de plus en plus nombreux à souhaiter un paysage éducatif plus varié pour leurs enfants. Maintenant, c'est dès la maternelle que des modèles atypiques tentent de capter leurs demandes et de pallier ainsi aux lacunes du système scolaire. Dans son numéro 3347 du 28 août 2015, Le Vif–l'Express publie un dossier intitulé : « L'école à la carte. »

Nous apprenons ainsi qu'il existe maintenant : « La classe inversée », « L'option chinois», « L'école gréco-latine », « L'école autogérée », « L'école communautaire entreprenariale consciente », « L'école Steiner », « L'école Montessori », « L'école Freinet », « L'école verte », mais aussi « L'école religieuse. » Plusieurs de ces expériences sont subsidiées tandis que d'autres perçoivent un minerval pour assurer leur fonctionnement et dispenser leur enseignement. Ce minerval peut varier de quelques dizaines à quelques centaines d'euros par mois mais aussi atteindre les 23.000 € l'an si l'enfant est scolarisé dans un établissement Montessori où les frais sont calculés selon les revenus parentaux.

Si nous pouvons comprendre le souci des parents de désirer pour leurs enfants le meilleur enseignement possible, nous ne pouvons que nous indigner que celui-ci soit réservé aux classes les plus aisées de la population. Il y a déjà par ce seul fait une ségrégation induite par la capacité financière des parents. Cela va, nous semble-t-il, à l'encontre d'une éducation égalitaire, gratuite et accessible à tous. 
Mais dans ce dossier,  le plus interpellant est : « L'école religieuse. »

De plus en plus de projets attirent des parents à la recherche d'un encadrement philosophique ou spirituel basé sur leurs propres conceptions religieuses.
L'école publique s'adressant à tous n'a évidemment pas pour rôle de dispenser un enseignement religieux à la carte ou intensif ou encore susceptible
d' embrigader les enfants dans des dérives sectaires ou fondamentalistes

Analysons donc  plus en détail le long chapitre du dossier consacré à : « L'école religieuse. »

Nous y apprenons qu'en septembre prochain, De Schatkist (« Le coffre aux trésors ») verra le jour à Haeren à Bruxelles. Cette école délivrera un enseignement primaire néerlandophone « basé sur une identité chrétienne claire avec la Bible comme norme. Une école où les enfants découvrent qu'ils sont de valeur inestimable et un environnement d'apprentissage passionnant où l'Évangile n'est pas déguisé. » L'école veut recruter principalement au sein de familles chrétiennes protestantes.

Trouve aussi l'Ipco, pouvoir organisateur des «Scholen met Bijbel" (« Écoles avec la Bible »), subventionnées par la Communauté flamande qui fait aussi le pari de s'implanter à Bruxelles, qui « compte plus de 200 églises protestantes évangéliques et, par conséquent, beaucoup de candidats potentiels pour l'enseignement protestant évangélique. »

Du côté francophone, l'offre protestante évangélique rencontre toujours plus de succès, puisque la proportion de familles, dont de nombreux parents d'origine africaine, mais aussi d'origines roumaine et brésilienne, souhaitant y inscrire leurs enfants serait en augmentation constante.
Les projets scolaires répondent aux obligations décrétales et se fondent sur des idées chères à la tradition de la Réforme, chaque enfant constitue un miracle et le travail est un appel de Dieu. 
Ces établissements fonctionnent sur des bases confessionnelles très affirmées à caractère nettement fondamentaliste, les parents sont invités à participer aux formations à l'éducation chrétienne organisées par les établissements. L'enseignement, par exemple, insiste sur la notion de Dieu créateur. L'objectif est de « faire découvrir les perfections de Dieu au travers de toutes les matières scolaires », parce que « Dieu est la seule vérité. »
Le judaïsme « orthodoxe » possède lui aussi un réseau d'écoles confessionnelles dispensant, de manière intensive à des  jeunes têtes bouclées,  un enseignement religieux  traditionnaliste dont on ne peut pas dire qu' il va dans le sens du « vivre ensemble ».

Dans l'enseignement libre catholique belge « ordinaire », qu' on estime pourtant et  souvent à juste titre largement acquis à la libre discussion et ouvert au monde  se dissimulent parfois encore quelques  îlots dont émane un message d'intolérance digne d' un autre âge  « La cité de Dieu appartient aux violents, chez nous pas de place pour les hésitants, finis les vieux marchandages.... »

Un phénomène nouveau est constitué par la communauté de confession musulmane vivant en Belgique.

Les établissements musulmans se disent eux aussi confrontés à une forte demande de parents et se trouveraient en situation de saturation, il existerait 
« des listes d'attente kilométriques. » 
De nouvelles écoles de confession musulmane décrochent la fameuse homologation, à savoir l'autorisation de la ministre de l'Éducation, Joëlle Milquet (CDH).
Pour répondre à la demande, il existe d'autres projets. C'est ainsi que l'institut El-Hikma–La Sagesse espère construire un établissement primaire et secondaire musulman, reconnu et subsidié par la Fédération Wallonie Bruxelles, qui pourrait accueillir à terme près de 500 élèves. Il a récolté plus de 750.000 €, provenant de collectes ou de dons et vient, en juin dernier, d'acquérir un bâtiment de 9000 m² à Forest. Les porteurs de ces projets sont surtout motivés par les lacunes qu'ils constatent dans l'école traditionnelle : « aujourd'hui, beaucoup d'enfants de notre communauté se retrouvent dans des écoles ghettos avec une éducation qui n'est pas à la hauteur de ce que nous recherchons en tant que communauté. C'est une nécessité de bâtir nos écoles où nos enfants auront des études de bon niveau dans le respect de leurs convictions. »

Les programmes se veulent ambitieux, l'accent sera mis sur l'enseignement des langues, du français, du néerlandais, de l'anglais et de l'arabe dès la troisième maternelle : « l'arabe sera enseigné avec une pratique quotidienne afin que nos élèves soient capables de poursuivre leurs études, s'ils le souhaitent, dans un pays arabe. »
Pourrait donc  se poser la question de savoir si ces écoles ne font pas en fait que remplacer une ségrégation sociale à laquelle le pouvoir politique serait avec un minimum de bonne volonté  susceptible de porter remède,  par une ségrégation religieuse   visant à  orienter définitivement dans un sens déterminé, la personnalité des enfants confiés à ce type d' enseignement .... 
Car la seconde motivation des porteurs de projets est de former chez les jeunes une identité musulmane positive et de permettre aux familles de trouver des cadres d'étude en phase avec les valeurs fondamentales de l'islam. Selon un membre de la communauté musulmane, après la focalisation sur la construction des mosquées, l'heure (...) est venue pour « des établissements dans lesquels les valeurs islamiques sont respectées et transmises et où les programmes officiels sont appliqués, car des milliers d'enfants musulmans fréquentent des écoles où ces valeurs sont discréditées, pointées du doigt et diabolisées, où l'islamophobie et les discriminations avancent chaque jour un peu plus. »

D'autres établissements mettent moins en avant leurs caractères musulmans. C'est le cas des Écoles des Étoiles, toutes gérées par le centre d'enseignement Prisma, en lien étroit avec la fédération Betiad réunissant des chefs d'entreprises turcs, proche du mouvement turc nourjou de l'imam Fethullah Gûlen (http://www.naceur.com/islam-politique-turc-de-tradition-nourjou-et-wahab...), à l'initiative des collèges Lucerna, subsidiées par la Communauté flamande, des Écoles des Étoiles ont aussi ouvert leurs portes à Liège et à Charleroi. Attentives à montrer leur ouverture, les Écoles des Étoiles s'inscrivent dans le réseau libre non conventionnel subventionné. Si elles proposent des cours de religion et de morale, le cours de religion islamique est cependant suivi par la plupart des élèves dont la moitié sont  turcs et dont plus de 90 % sont musulmans. Ce réseau dit viser surtout l'excellence scolaire, en misant sur l'encadrement et la maîtrise des langues, avec au programme aussi, un suivi individualisé des élèves (et visite des enseignants au domicile des parents), un coaching scolaire sur-mesure et un enseignement hebdomadaire de savoir être et de vivre ensemble, dont le but est de « mieux s'intégrer à la collectivité. »

Nous ne pouvons qu'être inquiets d'être mis devant le fait accompli et de devoir constater qu'à côté d'initiatives et d'expériences louables (sauf pour le coût de certaines) ayant pour but d'améliorer notre enseignement, certains pouvoirs politiques communautaires et religieux, mettent en place des structures qui immanquablement favoriseront le retour à l'obscurantisme. 
Ce repli communautaire ou religieux constitue certainement une source de nouvelles tensions sociales. 
L'intégration, l'apprentissage du vivre ensemble soi-disant souhaités par certains pouvoirs organisateurs, ressemblent  à des  leurres  complaisamment agités devant nos yeux pour nous aveugler.

Nous ne pouvons plus nous taire et ne rien faire devant le cléricalisme de quelque bord qu'il soit  quand il investit de plus en plus la sphère publique.
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Devons-nous accepter cette confusion grandissante entre le respect des croyances et celui des croyants ?
Les tentatives de formatage moral et religieux, voire de fanatisation des jeunes, entreprises par des pouvoirs religieux intégristes de tous bords sont inadmissibles. 

Car le danger est là, souvenons-nous du temps où  Pie IX  déclarait que les droits de l'homme étaient « impies et contraires à la religion ». 
Que nous réservent maintenant ces  églises   fondamentalistes issues du protestantisme avec leurs conceptions médiévales  et ces adeptes de la charia, cette loi rétrograde d'essence soi-disant divine  dont l'ambition ultime est de régenter nos vies et nos pensées ?
Nos enfants seront-ils mieux formés, plus instruits, plus férus de culture, auront-ils plus de liberté, une plus grande ouverture d'esprit, un vouloir vivre-ensemble plus développé, un désir plus grand de fraternité universelle.......... si on les menace de l'enfer ou de la lapidation ?
Il n' y a pas que DAESH qui fasse peur !  
Quelle confiance pouvons-nous avoir dans un avenir de paix, de conciliation et de consensus quand on voit les meurtres commis dans les territoires occupés par Israël par de fanatiques religieux, indignes descendants d'un peuple qui a beaucoup souffert de la barbarie.

Quant aux Protestants évangéliques fondamentalistes, ils sont devenus une véritable force en matière de politique étrangère, à la fois transnationale et incontournable sur la scène politique américaine actuelle (http://www.cfr.org/france/les-protestants-evangeliques-aux-etats-unis-et...). 
Traditionnellement, les Protestants évangéliques s’occupent moins de profane que de divin, moins des souffrances du corps que de celles de l’âme et de l’esprit. 
Cependant, à partir des années soixante, les Protestants évangéliques fondamentalistes comprennent que la politique affecte leur quotidien et qu’ils peuvent la modeler pour vivre plus en conformité avec leur foi. 
Inquiets face aux évolutions en faveur de l’interdiction de la prière à l’école (1962 Engel vs Vitale), de l’avortement (1973 Roe vs Wade) et du mouvement des droits civiques (1964 Brown vs Board of Education), ils commencent à s’organiser dans un élan de « chrétienté appliquée ». 
78% des Protestants évangéliques ont voté pour George W. Bush à l’élection présidentielle de 2004, soit 4 points de plus qu’en 2000, et ce chiffre s’est élevé à 88% dans les rangs les plus traditionalistes. Bénie par Dieu, en charge de défendre la liberté à travers le monde, l’Amérique des Protestants évangéliques a aussi un rôle, plus prosaïque, à assumer sur la scène internationale : maintenir son statut de superpuissance. Sociologiquement et spirituellement, la communauté évangélique américaine a une propension à valoriser l’engagement militaire.

Nous voyons quels seraient nos acquis sociaux et nos idées à remettre en question si une telle conception du  protestantisme devait se développer de manière exponentielle au sein de nos jeunes générations.

La propagation de l'islam ne nous réserve pas des jours meilleurs.

Lorsque les Écoles des Étoiles disent avoir pour but de mieux s'intégrer à la collectivité, qu'il nous soit permis d'en douter. 
Alors qu'il était encore premier ministre de la Turquie, Erdogan, lors d'une visite au Limbourg, s'était adressé à la communauté turque présente en ces termes : « Surtout ne vous intégrez pas ! » (Sans d' ailleurs que cela  provoque la moindre réaction de nos dirigeants, tout au plus un entrefilet dans quelques rares quotidiens).
L'exclusion par son président de parti, d'une députée turque qui refusait de reconnaître le génocide arménien et « la remise à l'ordre » d'un autre député turc d'un autre parti, mais pour le même motif, augurent mal de ce que certains membres de la communauté belge d'origine Turque entendent par
 « intégration. » 
Quel est le type enseignement qu'ils veulent promouvoir dans leurs Écoles des Étoiles ? 

Car partout dans les écoles musulmanes, sont remis en question le droit au blasphème, le droit à l'avortement, l'égalité homme femme, l'homosexualité, le mariage gay, etc. 
Y professe-t-on la même idéologie qu'au centre Markaz Attawhid à Liège, à savoir que les écoles qui ne se réclament pas de l'islam sont les écoles des mécréants ?
Dans cet état d'esprit, qui nous dit qu'un jour on n’y soutiendra pas les thèses d'Abou Moussad al–Souri et notamment son opus de plus de 1000 pages « Appels à la résistance islamique mondiale » qui prône la création de cellules clandestines sans liens avec un commandement central, pour éviter de se faire repérer ? 
Les cibles conseillées par al–Souri sont les musulmans qui s'écartent du groupe, les Juifs et les blasphémateurs, de façon à s'attirer la bienveillance de la communauté musulmane et d'attiser les tensions entre cette dernière et les populations autochtones. Cette agitation devrait conduire à des guerres civiles européennes et faciliter la victoire finale de l'islam.
Les élèves seront-ils abonnés à Dar al–Islam qui détaille comment le musulman qui veut agir et élever la parole d'Allah en terre de mécréance et de guerre doit pratiquer la dissimulation et s'habituer au secret ?

Inutile de poursuivre la démonstration plus loin : la propagande religieuse à 
l'école risque de devenir  dans les années à venir un réel danger pour notre société et pour toute la civilisation occidentale. Elle n'a plus sa place dans notre paysage scolaire 

Mais rien ne vous oblige de penser comme nous.