En Belgique, la loi prévaut encore sur les pratiques religieuses

Ces prises de position sont tellement rares qu'elles méritent d'être signalées et applaudies.

Saluons le courage du ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N–VA), qui a rappelé aux organisations musulmanes que : « La Flandre doit prendre le bien-être animal au sérieux, d'autant plus lorsque la législation européenne en la matière est claire comme de l'eau de roche. » Bravo, monsieur Ben Weyts. 

Bravo aussi à vous, Monsieur Carlo Di Antonio (CDH), ministre wallon en charge du Bien-être animal qui a décidé que l'abattage rituel sans étourdissement ne pourrait être pratiqué que dans les abattoirs fixes. Même si nous sommes opposés à l'abattage rituel sans étourdissement et à l'abattage rituel tout court (pour les risques sanitaires graves dénoncés par de nombreux scientifiques et pour la barbarie de l'acte en lui-même), nous ne pouvons que nous réjouir de votre décision.

Par contre, honte à vous, Monsieur Rudy Vervoort (PS), Ministre-président du Gouvernement de la Région de Bruxelles–Capitale, et à vous, madame Fadila Lanaan (PS), Secrétaire d'État à la Région de Bruxelles–Capitale, pour avoir décidé la mise en place d'abattoirs temporaires dans quatre communes pour la « fête du sacrifice » qui cette année aura lieu le 24 septembre prochain. Ce ne sont pas moins de 124.000 € d'argent public que vous dépensez ainsi  pour favoriser une « fête » relevant de la barbarie la plus ignoble.

Honte à vous aussi, Madame Bianca Debaedts (CD&V), secrétaire d'État au Bien-être animal en région bruxelloise, qui n'avez pas interdit l'abattage sans étourdissement hors des abattoirs agréés, mais imposé une formation aux sacrificateurs opérant sur les lieux temporaires du sacrifice (formation payée par l'ensemble des contribuables belges). Élue du peuple (avec moins de 1000 voix pour une population d'un million d'habitants) et par le peuple, vous vous devez de respecter les lois belges et les règles européennes. Nous n'avons que faire de vos calculs électoralistes. Le Conseil d'État vous a rappelé que la flatterie d'un certain électorat passe après le respect de la loi. Abattre les animaux sans étourdissement préalable est illégal. Nous osons espérer que le Conseil d'État sera aussi ferme envers vous, envers Monsieur Vervoort et Madame Fadila Lanaan.

En Flandre, 48 organisations musulmanes ont demandé à Ben Weyts de retirer sa décision qu'elles qualifient d'« illégale » sur l'abattage sans étourdissement, l'accusant d'avoir fait preuve de négligence, parce qu'il n'a pas pris de mesures pour augmenter les capacités des abattoirs agréés, et le menaçant, s'il ne s'exécute pas d'ici le 1er septembre, de devoir endosser « tous les dommages ». Mais le ministre n'a pas l'intention de s'étendre sur les griefs de la communauté musulmane qui, pour justifier sa position, avance des raisons religieuses : les musulmans qui se plient à l'abattage avec étourdissement feraient partie d'une « tendance minoritaire ». Menaces ou pas, monsieur Ben Weyts a indiqué ne pas vouloir se laisser impressionner et s'en tient à sa décision. (Het Niewsblad et De Standaard)

En Wallonie, Noureddine Smaili, président de l'Exécutif des musulmans de Belgique, se dit surpris et heurté par la décision du ministre, prise à la va-vite. Monsieur Noureddine Smaili déclare : « Nous avions demandé un délai et la mise en place d'une solution transitoire en 2015, histoire de ne pas retourner brutalement à la situation antérieure, où certains musulmans pratiquaient l'abattage à domicile, avec des conséquences désastreuses en matière d'évacuation des peaux et des viscères. C'est un retour en arrière catastrophique. » Certaines communes et provinces concernées rechignent. À Liège, monsieur Tony Jolet, directeur  des abattoirs dits regretter ce retour en arrière et va solliciter une autorisation pour installer un lieu d'abattage temporaire à côté de l'abattoir fixe au cas où la Région changerait d'avis d'ici le 24 septembre. À Verviers, le cabinet du bourgmestre Marc Elsen (CDH) dit qu'on va devoir trouver d'urgence une solution avec la communauté musulmane et se demande pourquoi ne pas avoir fait une année de transition. Mais Noureddine Smaili estime que le droit à l'abattage rituel, consacré par un arrêté royal tant pour les musulmans que pour les juifs, n'est plus respecté et il menace de porter plainte au Conseil d'État.

« En Wallonie, il y a désormais 3 figures. L'abattage à domicile est autorisé pour autant que la personne fasse une demande préalable d'abattage à sa commune et prenne soin d'étourdir l'animal avant de le tuer. Autant dire qu'il n'y a personne pour vérifier et que cette situation génère quantité de déchets, véritables problèmes sanitaires dans les villes. L'abattage sur un site temporaire agréé est toujours autorisé à la condition qu'il y ait étourdissement, ce qui n'intéresse pas la communauté musulmane. Enfin, il reste l'abattage rituel sans étourdissement autorisé dans les abattoirs fixes, réalisé par un sacrificateur formé et agréé par l'Exécutif des musulmans. » (Le Soir)

Nous ne pouvons qu'être interpellés de voir une communauté religieuse menacer des ministres parce que ceux-ci appliquent les lois belges et les règles européennes. Une communauté religieuse qui se dit modérée et intégrée mais qui se pose en victime contre la loi qui ne reconnaît pas certaines de ses pratiques barbares, oubliant volontairement que c'est l'État qui impose ses lois et non la religion les siennes. Nous ne pouvons qu'être interpellés de constater que les musulmans qui acceptent de se plier aux lois et aux règles constituent maintenant une minorité ainsi que le déclarent les 48 organisations musulmanes qui se sont adressées au ministre Ben Weyts alors que les médias informent à satiété qu'en Belgique, l'intégrisme ne concerne qu'une frange marginale de la communauté musulmane.

En France, l'article 521-1 du code pénal interdit l'abattage hallal ainsi que tous sévices faisant souffrir les animaux, le non respect de cette loi est puni de 2 ans de prison et de 30000 euros d'amende. Cette loi n'étant pas toujours respectée, de nombreuses pétitions circulent qui demandent aux pouvoirs publics sa stricte application.

"Le droit des animaux doit primer sur la religion". C’est en ces termes que le ministre danois de l’Agriculture, Dan Jorgensen, a défendu le texte de loi qui oblige, depuis le 17 février 2015, à étourdir les animaux avant de les abattre pour consommation.  Cette loi entrave de facto les abattages rituels juifs et musulmans, qui, selon les préceptes de la halacha et de la charia, requièrent la conscience des animaux au moment de la mise à mort.

L’abattage rituel est d'ores et déjà interdit au Lichtenstein, en Islande, en Norvège, en Suède et en Suisse.
« Le bien-être animal est une notion associée au point de vue selon lequel toute souffrance animale inutile devrait être évitée. La notion concerne l'amélioration de la condition animale dégradée par l'utilisation et l'exploitation des animaux par les êtres humains. Les Britanniques sont les précurseurs du bien-être animal désigné par animal welfare qui va bien au-delà de la notion de « bien-traitance ». Ce point de vue s'applique avant tout aux animaux domestiques, qu'ils soient exploités comme source de nourriture, comme source d'autres produits animaux, comme force de travail, comme objets de recherche biologique ou encore comme animaux de compagnie ».(wikipédia)

Dans de très nombreux pays, les combats entre animaux sont interdits. Que ce soit en France, en Espagne ou au Portugal de plus en plus de voix s'élèvent pour faire interdire les corridas et les résultats obtenus sont de plus en plus probants. Le massacre du lion Cecile, dans une réserve au Zimbabwe, par un dentiste américain a provoqué un séisme mondial tant cette boucherie inutile a soulevé l'indignation de millions de personnes. Alors, pourquoi encore tolérer que des millions d'animaux soient soumis à des souffrances atroces et inutiles pour satisfaire à des prescrits religieux barbares et moyenâgeux ?
Il a été divulgué que beaucoup de chaînes d'alimentation, de restaurants, de commerces, d’ abattoirs, etc., payent une taxe aux mosquées pour être estampillés « halal" et que l'argent ainsi récolté se retrouve parfois dans des réseaux intégristes, finançant alors l'achat d'armes, le terrorisme et les guerres civiles.
Il est donc impérieux que la loi soit appliquée avec rigueur et que les religions, quelles qu'elles soient, ne puissent plus interférer dans le domaine public mais soient confinées au seul domaine qui doit être le leur, c'est-à-dire le domaine privé. Ceux qui y contreviennent, et nous nous adressons ici à tous les dirigeants qui, par clientélisme ou par intérêt personnel, dépensent illégalement les deniers publics au profit de mouvements religieux. Nous attendons qu'ils soient traduits devant les tribunaux compétents. Tout comme nous attendons que ceux qui enfreignent les règles d'hygiène en abandonnant des dépouilles dans des lieux publics, soient verbalisés et condamnés à rembourser les frais engendrés par leur incivisme.
Mais rien ne vous oblige de penser comme. Vos commentaires sont les bienvenus.

 

Commentaires

Vous avez parfaitement raison  de fustiger tout qui, pour des raisons relgieuses, se refuserait à appliquer purement et simplement la loi. En cas de conflit entre Dieu et la loi, c'est à la loi que doit revenir le dernier mot et à Dieu à s'incliner! Malheureusement, vos commentaires ne s'adressent qu'à un public réduit et n'ont, à ma connaissance, aucun échos ni relais  dans le monde politique.

Peut-être avons-nous distribué un peu vite nos « bravos » et nos « bons points » aux hommes politiques qui ont décidé interdire l'abattage rituel sans étourdissement en Flandre et en Wallonie. Seul, Ben Weyts, le ministre flamand du Bien-être animal reste ferme et maintient sa décision : cette pratique est et restera interdite en Flandre. Par contre, en Wallonie, Carlo Di Antonio, le ministre wallon du Bien-être animal, semble tout à coup, sous la pression des organisations musulmanes, beaucoup plus hésitant à respecter ses engagements. Des négociations seraient en effet en cours entre les autorités wallonnes et les représentants du culte musulman afin qu'une solution soit trouvée avant la Fête du mouton qui aura lieu le 24 septembre prochain. Autrement dit, des abattoirs temporaires pourraient encore être installés cette année et l'abattage rituel sans étourdissement y être pratiqué. Bien entendu, si tel devait être le cas, c'est une fois de plus l'ensemble des contribuables belges qui régleraient la facture. Rien d'étonnant à cela quand on connaît les partis politiques qui gouvernent la Wallonie pour qui le mot « clientélisme » est une priorité. « Tout ce que vous voulez à la condition que vous votiez pour nous. » Une honte de faire de telles concessions au religieux alors que 21 % de la population belge, et plus encore en Wallonie qu'ailleurs, est menacée de vivre sous le seuil de pauvreté. Il conviendra d'être très attentif aux décisions qui seront prises par le gouvernement wallon et de s'en souvenir dans les urnes.
Heureusement, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer cette barbarie et exiger, une fois pour toutes, qu'elles cessent. C'est ainsi que l'Union Professionnelle Vétérinaire, qui défend les intérêts des vétérinaires belges francophones, a clairement fait savoir que l'abattage rituel était « inacceptable », « quelles que soient les circonstances où l'endroit », rappelant par la même occasion combien sont cruelles et inutiles ces pratiques venues d'un autre âge. L'UPV a aussi rappelé les dangers sanitaires graves engendrés par cette méthode d'abattage. C'est en accord avec la FVE, la fédération des vétérinaires européens, que l'UPV a prit cette position claire, courageuse et sans équivoque.
En toutes circonstances, la loi doit primer sur le religieux. Petite démonstration par l'absurde. Imaginons que nous arrive un contingent d'immigrés péruviens pratiquant la religion inca de leurs ancêtres. Va-t-on, pour des raisons religieuses, leur permettre, lors de leur fêtes solsticiales, de se livrer à des sacrifices humains ? Imaginons que s'installent chez nous quelques immigrés venus de Bornéo ou d'Afrique centrale pratiquant religieusement l'anthropophagie. Va-t-on, pour respecter leurs coutumes, les autoriser à manger la bouchère plutôt que de lui acheter un steak ? Qui sait de quoi nos dirigeants sont capables !