Aux non-voyants et aux mal-entendants, surtout s'ils sont de gauche

Un article intitulé : « À la manivelle » de Gérard Biard, publié dans le numéro 1233 de Charlie hebdo paru le 9 mars 2016 a particulièrement retenu notre attention. Nous vous en donnons ci-dessous une retranscription presque intégrale tant cet article nous semble refléter une volonté d'humanistes, soi-disant de gauche, de nier les effets dévastateurs de l'islam radical.

Dans les faits, une candidate iranienne participe au télé-crochet : « The Voice » sur RAI 2. « Sourire radieux, elle s'installe face au jury, dit qu'elle s'appelle Kimia Ghorbani, qu'elle a 31 ans, quelle est iranienne et qu'elle est arrivée en Italie en 2012 avec un permis de séjour pour études, qu'elle s'y est mariée et attend aujourd'hui une petite fille. Elle porte un foulard vert, très en arrière et découvrant largement les cheveux. » Elle précise : « Je ne le porte pas pour suivre une prescription religieuse, mais pour rappeler mes camarades du Mouvement vert dans mon pays. » C'est qu'elle aussi a participé au mouvement démocratique étudiant de 2009 qui a été réprimé dans le sang. Et de poursuivre : « En Iran, j'ai été arrêtée de nombreuses fois parce que je jouais et chantais dans la rue. Nous n'avons pas le droit de chanter seules dans mon pays. Être aujourd'hui sur cette scène est pour moi un rêve, parce que je peux enfin chanter. » Et de conclure : « Je chante en persan pour dire qu'il y a un pays où les femmes ne sont pas libres, ne peuvent pas chanter. Moi je veux apprendre à ma fille à vivre toujours libre. »

L'auteur de l'article imagine alors la même scène à la télévision française, par exemple sur le plateau de la « Nouvelle Star ». Et il en conclut : « Il ne faudrait pas attendre deux jours avant qu'une tribune indignée ne fleurisse dans Le Monde ou ailleurs, signée d'obscurs sociologues, anthropologues, politologues et autres intellectuelologues, dénonçant les clichés néocolonialistes et islamophobes véhiculés par cette écervelée. Kimia  Ghorbani serait "Kamel Daoudisée" sur le champ, avec sans doute encore plus de condescendance et de violence. »

Mais voilà où cet article interpelle les défenseurs de la laïcité. Voilà pourquoi nous le reproduisons dans son intégralité. Voilà pourquoi nous invitons nos décideurs politiques à y réfléchir. Voilà pourquoi nous leur signifions qu'ils auront à répondre de leurs actes et prises de position.

Si les iraniennes retrouvent un jour le droit de chanter tête nue dans la rue, si les journalistes, les écrivains, les artistes, les athées, les laïques, les démocrates, les féministes, les homosexuels des pays dits « musulmans » retrouvent un jour le droit de vivre sans craindre la prison, les coups de fouet, la torture ou la mort, ce ne sera pas grâce aux grands théoriciens de «l' islamophobie » à géométrie variable. Car on remarquera que l'oppression qu'ils condamnent est soigneusement ciblée. Ils sont toujours du côté de la femme de culture musulmane à qui l'on demande de retirer son voile, jamais de celle tout autant de culture musulmane, qui se fait insulter parce qu'elle n'en porte pas. Quant à celle qui se fait vitrioler à Kaboul, ils n'ont que mépris pour ce cliché orientaliste. Ces humanistes s'indignent de la mosquée taguée dans le Var, mais jamais de la mosquée qui explose en Irak. Ces épris d'égalité dénoncent les contrôles au faciès à Paris, mais jamais la police des mœurs à Riyad. Ces anticolonialistes se foutent éperdument de ce qui se passe hors des frontières de l'Europe -à l'exception notable d'Israël- mais c'est un réflexe. Ces antiracistes répugnent à s'immiscer dans des querelles de sauvages. Ce qui explique pourquoi ils mettent un soin tout particulier à nier l'évidence : c'est dans les pays où règne l'islamisme, c'est dans les régions où il tente d'imposer sa loi totalitaire, que les musulmanes et les musulmans sont le plus opprimés. Moyennant quoi, sur les questions de l'islam au quotidien, un journaliste qui travaille en Algérie, à une étudiante qui a grandi en Iran, à un blogueur qui meurt à petit feu en Arabie Saoudite, ces vigies intellectuelles et morales préféreront toujours défendre un Tariq Ramadan qui vit en Suisse. »

Édifiant et inquiétant ? Écœurant !

Mais rien ne vous oblige de penser comme nous.